Jeudi 2 avril 2026, la Ligue de football professionnel (LFP) avait rendez-vous avec son assemblée générale ordinaire (AGO) de l’exercice 2025. Un rendez-vous important, qui s’est déroulé au niveau du Centre national de l’armée (CNA) de Beni Messous, et qui a vu la participation des présidents et représentants des clubs de la Ligue 1 professionnelle, ainsi que le représentant de la Fédération algérienne de football (FAF).
Sous d’autres cieux, ce rendez-vous annuel aurait été l’occasion de débattre de toutes les préoccupations, problèmes et problématiques qui entravent le bon fonctionnement, non seulement des clubs qui animent le championnat d’élite, mais aussi de la compétition phare. En dehors des aspects protocolaires (hymne national, une minute de silence à la mémoire du défunt Président, Liamine Zéroual, la lecture de l’ordre du jour) et du discours habituel empreint de satisfecit et de mots pompeux (transparence, bonne gouvernance, coordination…), les travaux de l’AGO, et surtout l’adoption des bilans moral et financier, sont passés comme une lettre à la poste. Dans la foulée, le président de la LFP, Mohamed Amine Mesloug, a souhaité plein succès aux deux représentants algériens en Coupe de la Confédération, en l’occurrence l’USM Alger et le CR Belouizdad.
De son côté, le secrétaire général de la FAF n’omettra pas de rappeler le rôle de l’instance fédérale, son soutien et son accompagnement aux clubs ainsi qu’à la LFP dans le cadre de la concrétisation de son programme et du développement du football en Algérie. Au cours des travaux, les dirigeants de la LFP ont exposé les différentes activités de cette dernière, ses « réalisations » et tous les défis qu’elle a pu relever. Avant la levée de la séance, les membres présents ont adopté les bilans moral et financier de 2025 et le budget prévisionnel de 2026.
La suite : quelques accolades, un déjeuner et des petits fours, et puis s’en vont. Tout va bien, madame la Marquise, puisque personne n’a évoqué la programmation de la LFP : les matchs en retard qui s’accumulent comme pas possible, comparativement à d’autres championnats, y compris chez les voisins de la zone UNAF, l’arbitrage et l’utilisation insuffisante de la VAR, la violence, l’augmentation du nombre de matchs à huis clos, le fonctionnement de la commission de discipline et ses excès, les droits TV, la diffusion des matchs sur le Web, le nombre limité de licences professionnelles, le non-déplacement des supporters, et tous les manques à gagner induits par tous ces dysfonctionnements et insuffisances. Sérieux, les gars, une AGO, c’est aussi un espace de débats sérieux et constructifs, comme ce fut le cas par le passé.
Hormis quelques dépassements ou accrochages qui ternissaient un peu le déroulement des travaux, les AGO d’antan étaient bien meilleures, animées par des présidents charismatiques, des dirigeants à forte personnalité qui n’hésitaient pas à monter au créneau pour mettre toutes les problématiques sur la table et donner leur avis dans une ambiance véritablement démocratique. Ce n’est, malheureusement, plus le cas aujourd’hui. Le débat d’idées et les échanges fructueux ont laissé place au politiquement correct et au « tout le monde est beau, tout le monde est gentil ». Il faut bien croire que la race des dirigeants a également changé. Comme le reste d’ailleurs, sans la moindre nostalgie. – LAFORDASSE
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