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MON : La FIFA sur la défensive, l’UEFA passe à l’offensive (Ahmed Bessol)

Face à la levée de boucliers provoquée par son projet, la FIFA a choisi la voie de l’apaisement. Son communiqué officiel se veut rassurant. Il insiste sur la «consultation ouverte, transparente et démocratique», dénonce des «informations erronées» ayant perturbé le débat et assure que «personne ne vend le football». L’organisation rappelle également que chaque association membre reste libre d’approuver, de rejeter ou de modifier le projet. En d’autres termes, Zurich tente de reprendre la maîtrise du récit.

Le problème est que cette mise au point ressemble davantage à une opération de rattrapage qu’à une démonstration de force. À aucun moment, la FIFA ne répond véritablement à la question qui alimente les inquiétudes : pourquoi un projet d’une telle ampleur a-t-il été préparé avec une telle discrétion avant de le fuiter dans une certaine presse ? Ainsi, en mettant l’accent sur les bénéfices financiers promis aux 211 associations membres, la FIFA cherche à déplacer le débat du terrain de la gouvernance vers celui du développement. Mais cette stratégie ne semble pas avoir suffi à calmer les critiques.

L’UEFA, elle, ne discute plus seulement du projet FFE. Elle déplace désormais le débat vers les méthodes de gouvernance de Gianni Infantino. Les dirigeants européens dénoncent des « stratagèmes secrets », des procédures accélérées et réclament que les responsables rendent des comptes. Il ne s’agit plus de savoir si FIFA Forward Enterprise est un bon ou un mauvais projet. Il s’agit désormais de savoir si Gianni Infantino est encore l’homme capable de diriger la FIFA.

Selon les informations publiées par le Telegraph, l’UEFA serait prête à franchir une nouvelle étape. Si Gianni Infantino refuse de quitter ses fonctions, l’organisation européenne envisagerait de demander la convocation d’un Congrès extraordinaire de la FIFA afin de soumettre au vote une motion de défiance. En retirant son projet FFE, le président de la FIFA espérait probablement désamorcer la crise. Mais ses opposants semblent considérer que le problème dépasse désormais le seul dossier FFE.

Sur le terrain de la communication, la différence de ton est frappante. La FIFA adopte une posture défensive, cherchant à expliquer, rassurer et corriger les perceptions. L’UEFA, au contraire, prend l’initiative. Elle fixe le calendrier politique, élève le niveau de confrontation et place Gianni Infantino sous pression. Autrement dit, alors que la FIFA parle encore de son projet, l’UEFA parle déjà de l’après-Infantino. Seulement, les statuts de la FIFA imposent qu’un Congrès extraordinaire soit demandé par au moins un cinquième des associations membres, puis qu’une majorité absolue vote la motion de défiance.
– AHMED BESSOL

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