Reconquête du territoire : La culture, un facteur déterminant dans l'engagement des forces combattantes, selon le colonel Évariste Stéphane Somé, directeur central de la culture et des arts des armées
Le colonel Évariste Stéphane Somé, directeur central de la culture et des arts des armées a accordé une interview à Lefaso.net. Dans un contexte marqué par la lutte pour la reconquête du territoire national, il insiste sur le fait que la culture et l'art participent au renforcement du moral des troupes et à la fin de la guerre.
Lefaso.net : Vous êtes le directeur central de la culture et des arts des armées depuis 2024. Pouvez-vous nous expliquer quelles sont les missions de cette structure au sein des forces armées burkinabè ?
Colonel Évariste Stéphane Somé : Au regard de l'Arrêté n°2003-1974/DEF-SGI du 2 juin 2003 portant organisation de la Direction centrale de la culture et des arts des armées, le Centre culturel des armées a pour mission la valorisation et la conservation du patrimoine des Forces armées nationales. Il est chargé de l'organisation de toute activité susceptible de promouvoir l'image de la culture du Burkina Faso, à travers la diffusion d'informations et la mise en valeur du patrimoine culturel des armées. Il est structuré autour d'une direction centrale, sous laquelle sont placés le Musée des armées, la bibliothèque des Forces armées ainsi que le Centre de loisirs des armées.
Dans le contexte actuel de lutte pour la reconquête du territoire au Burkina Faso, quelle place la culture et les arts occupent-ils au sein de l'institution militaire ?
La culture et les arts occupent une place déterminante dans la stratégie de lutte pour la reconquête du territoire. Pour preuve, le regain de dynamisme impulsé par la hiérarchie ces dernières années, plaçant le Centre culturel des armées au cœur des actions de promotion du lien armée-nation. Ce lien, essentiel, constitue un levier indispensable pour l'atteinte des objectifs de reconquête du territoire national et pour l'obtention de la victoire sur le terrorisme.
La culture et les arts sont très souvent relégués au second plan, surtout en situation de guerre. Selon vous, ce domaine peut-il constituer un levier stratégique dans ce contexte ?
La culture et les arts constituent un levier stratégique, en particulier dans un contexte de guerre asymétrique. Nous ne gagnerons pas cette guerre uniquement par les armes. La véritable bataille que nous menons est celle de la conquête des cœurs et des esprits. Une guerre peut être perdue lorsque l'adversaire mobilise également des codes culturels pour renforcer ses rangs et accroître sa détermination à combattre. Notre culture, véritable ciment de notre nation en construction, doit ainsi jouer le rôle d'une puissante arme de conviction, capable de rassembler l'ensemble des Burkinabè autour des valeurs cardinales qui nous définissent.
Comment la culture et les arts peuvent-ils contribuer à galvaniser et à renforcer le moral des forces combattantes engagées sur le front ?
La culture et les arts galvanisent les troupes, car ils constituent le socle sur lequel elles sont bâties. Les arts, à travers les chants, les récits, les contes, l'humour ou encore le cinéma, renforcent la cohésion des unités et contribuent efficacement à la gestion du stress en situation de combat. Toute guerre repose, en effet, sur des fondements culturels. Les forces armées nationales, tout comme l'ensemble des forces combattantes, sont l'émanation de l'identité nationale. Lorsqu'un combattant est profondément imprégné de sa culture, il dispose d'outils supplémentaires pour mener le combat avec efficacité, ainsi que d'un atout supplémentaire pour vaincre.
Quelles activités culturelles et artistiques la Direction centrale de la culture et des arts des armées a-t-elle mises en place pour accompagner les forces combattantes ?
Nous menons de nombreuses activités visant non seulement à soutenir le moral des troupes, mais aussi à rapprocher les populations de leur outil de défense qu'est l'armée nationale. La hiérarchie autorise régulièrement l'organisation d'activités socioculturelles dans les casernes, telles que des représentations théâtrales, des concerts, des expositions d'arts plastiques ou encore des soirées récréatives. Ces activités sont animées aussi bien par des militaires que par des artistes civils, dans le but de maintenir le moral des troupes.
La musique, le théâtre, la poésie ou d'autres performances artistiques sont-ils utilisés pour soutenir psychologiquement les forces combattantes affectées par la crise sécuritaire ?
Oui, nous organisons régulièrement des activités culturelles et artistiques, notamment des concerts en partenariat avec les directions des services de santé des armées, ainsi que les services chargés de l'action sociale et du soutien psychologique, au profit de nos héros. Par ce terme, nous désignons les blessés en opération, qu'il s'agisse des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) ou des Forces de défense et de sécurité (FDS). Des projections cinématographiques et des concerts ont déjà été organisés au Centre de récupération et de convalescence, situé sur le site de l'hôpital militaire capitaine Halassane Coulibaly. L'une de nos activités phares en 2025 a été l'organisation d'un atelier d'initiation au dessin et à la peinture au profit des blessés en opération.
Nous avons organisé cette activité en collaboration avec l'Association Africculture. Cet atelier a largement dépassé nos attentes. Il a permis non seulement d'apporter un soutien thérapeutique supplémentaire dans le processus de convalescence, mais aussi de créer un moment fort d'humanité et de solidarité. En effet, plus de 200 tableaux réalisés par les blessés ont été acquis par les populations, à l'issue de leur convalescence et après 45 jours de formation aux techniques des arts plastiques. Cet exemple illustre parfaitement la manière dont l'art et la culture peuvent être mis à contribution pour soulager, ne serait-ce qu'en partie, les souffrances, tout en redonnant l'estime de soi et le moral à nos combattants affectés par les combats sur le terrain.
Quel impact concret avez-vous observé sur le moral des troupes lorsque des activités culturelles et artistiques sont organisées à leur intention ?
D'abord, dans les garnisons, au plus près des hommes au front, l'impact est puissant, réel et immédiat. Les troupes accueillent toujours les activités culturelles avec beaucoup d'enthousiasme. Celles-ci leur permettent de décompresser, ne serait-ce qu'un instant, du stress des opérations, de se reconnecter à leurs racines et à leurs origines, de se détendre, mais aussi de décupler leur volonté de combattre et de raffermir le sens de leur engagement. Ensuite, pour les blessés en opération et les convalescents, les périodes de traitement plongent souvent les hommes dans une certaine solitude. L'art leur permet de se reconnecter à leur environnement, à leur communauté et à leur culture.
Pour un combattant ayant perdu certaines capacités au combat, il contribue à restaurer l'estime de soi et à retrouver une dignité parfois ébranlée. Cet impact est déterminant dans le processus de rétablissement. Enfin, pour les troupes à l'arrière, en préparation au combat, notamment dans les écoles et centres de formation, l'art et la culture sont utilisés comme de véritables outils pédagogiques. Des visites régulières de musées sont organisées au profit des militaires afin de renforcer leur identité nationale et leur patriotisme. L'appropriation de l'histoire militaire, et plus largement de l'histoire nationale, s'inscrit ainsi dans la préparation morale et psychologique du combattant, qui comprend désormais pleinement le sens de son engagement et les raisons pour lesquelles il se bat.
Dans cette lutte contre le terrorisme, la bataille est aussi psychologique. Comment la culture et les arts peuvent-ils aider à combattre la peur et à maintenir l'espoir chez les combattants et les populations ?
Le philosophe Friedrich Nietzsche affirmait que celui qui a un pourquoi peut supporter presque n'importe quel comment. Autrement dit, lorsqu'on sait pourquoi on se bat, la peur du comment s'efface. C'est là toute la puissance de l'art et de la culture au profit des soldats. Mieux ils sont outillés sur leur histoire, celle du Burkina Faso, de leurs devanciers, de la période précoloniale à la période coloniale, plus ils prennent conscience que la nation est une construction permanente.
L'art et la culture en constituent le ciment, le socle sur lequel ils s'appuient. Que ce soit au front, à l'arrière, dans les bases ou en convalescence, des formes d'expression comme le cinéma, l'humour ou la musique occupent une place essentielle. La musique, notamment, fait partie intégrante de la vie du militaire. Ces moments artistiques contribuent à galvaniser les troupes, à renforcer leur moral et à donner un sens profond à leur engagement.
En dehors de la musique, quels sont les autres arts qui peuvent contribuer à galvaniser les troupes
J'ai évoqué précédemment l'importance des arts plastiques, largement utilisés au sein des forces armées. La littérature constitue également un excellent exutoire pour les militaires, leur permettant à la fois de décompresser et de se remobiliser moralement. Par ailleurs, l'humour, le cinéma et le théâtre sont autant de leviers qui renforcent la cohésion et le sentiment d'appartenance à une même communauté, à la nation. Ils contribuent à reconnecter le militaire à son pays et à son identité.
C'est dans cette dynamique que nous faisons appel à de nombreux artistes non militaires, notamment des artistes civils, afin de revitaliser et de soutenir le moral des troupes. Le secteur culturel est aujourd'hui très engagé dans cet élan de solidarité. Nous exprimons, à cet égard, notre profonde gratitude à l'ensemble de la communauté artistique et culturelle du Burkina Faso pour son soutien constant. Un appui essentiel pour la poursuite des opérations et, à terme, pour la victoire finale.
Comment les artistes peuvent-ils contribuer davantage à l'effort de reconquête du territoire national au Burkina Faso ?
Il s'agit de rappeler notre identité collective et notre volonté de vivre ensemble dans un Burkina Faso de paix, à travers la diffusion de messages de patriotisme, d'appels à la cohésion sociale et de contenus mobilisateurs propres à notre histoire. Ces messages ont une portée significative et déterminante dans le combat que nous menons. En effet, comme évoqué précédemment, l'adversaire utilise également des codes culturels pour influencer certaines franges de la population.
Cela repositionne l'enjeu du conflit sur un terrain essentiel : la conquête des cœurs et des esprits. Dans ce contexte, la culture et la musique apparaissent comme de puissants vecteurs de rapprochement, de sensibilisation et de mobilisation. C'est pourquoi nous appelons les artistes à redoubler d'efforts dans cet engagement, dont la contribution demeure essentielle à l'atteinte de la victoire.
Quel message souhaitez-vous adresser aux artistes issus des rangs de l'armée, aux artistes civils et aux acteurs culturels du Burkina Faso afin qu'ils participent pleinement à la mobilisation nationale pour la reconquête du territoire et le renforcement de la cohésion nationale ?
Le message que je souhaite adresser est avant tout un message de cohésion et de solidarité envers nos frères d'armes engagés au front, ainsi qu'un message de mobilisation et de soutien aux troupes. Il s'agit également d'un appel fort à la cohésion sociale, véritable socle de notre vivre-ensemble. Cette cohésion et cette solidarité doivent d'abord s'exprimer au sein des forces de défense et de sécurité. Elles sont indispensables à la réussite de toute opération militaire. Elles doivent également s'étendre à l'ensemble de la population, à travers un élan de solidarité envers les personnes affectées par les combats et la crise humanitaire que traverse le pays. C'est enfin une solidarité globale qu'il convient de promouvoir, entre les forces de défense et de sécurité et les populations, afin de faire bloc face aux défis et renforcer la résilience collective.
Interview réalisée par Samirah Elvire Bationo
Lefaso.net
Avis de demande de prix pour la formation en conduite défensive au profit des chauffeurs du projet GHSC-PSM mise en œuvre par Chemonics au Burkina Faso.
(RFQ) N° 011/2026/RFQ/GHSC-PSM/BFA
Le projet USG Global Health Supply Chain Program - Procurement and Supply Management (GHSC-PSM) est un programme du Département d'Etat des Etats-Unis (initialement émis et précédemment administré par l'USAID) mis en œuvre par Chemonics International Inc. au Burkina Faso. Le projet vise à assurer un approvisionnement ininterrompu en produits de santé pour soutenir les initiatives de santé publique financées par le gouvernement américain dans le monde entier. GHSC-PSM est officiellement ouvert et installé au Burkina Faso en Août 2016, afin d'assister le Ministère de la Santé en matière de gestion de la chaîne d'approvisionnement des intrants de lutte contre le paludisme et le VIH/SIDA.
Dans le cadre des activités du projet, GHSC-PSM met en œuvre des activités nécessitant des déplacements réguliers du personnel et des chauffeurs sur le terrain. Ces déplacements comportent des risques liés aux accidents de circulation et aux conditions routières difficiles.
Afin de renforcer la sécurité du personnel et la capacité de réponse en cas d'incident, l'organisation sollicite des cotations pour la sélection d'un prestataire qualifié afin d'assurer une formation en conduite défensive pour les chauffeurs.
L'objectif de cette Demande de Prix (RFQ) est d'obtenir des offres de la part de soumissionnaires pour la formation en conduite défensive au profit des chauffeurs du projet GHSC-PSM.
Les soumissionnaires intéressés doivent manifester leur intérêt en écrivant un mail à l'adresse suivante : [email protected] afin de recevoir le dossier complet de Demande de prix (RFQ).
Date limite de soumission : Vendredi 3 avril 2026 à 17 heures 00, heure locale.
L'agenda suivant énumère les dates importantes du processus de passation. Les soumissionnaires doivent strictement respecter ces délais.
Les soumissionnaires qui auraient des questions supplémentaires ou qui auraient besoin d'éclaircissements après avoir lu cette Demande de Prix pourront poser leurs questions à l'adresse suivante : [email protected]
Cette Demande de Prix n'oblige pas Chemonics à exécuter un contrat, ni à payer les frais encourus pour la préparation et la soumission des propositions.
Nous sommes impatients de recevoir vos offres et vous remercions par avance de l'intérêt que vous portez aux opportunités de sous-traitance de Chemonics.
NIKRO : Du chant d'église au zouglou gospel, l'ascension d'un messager de foi
Révélation de la scène gospel burkinabè, NIKRO incarne une génération d'artistes qui allient foi, créativité et identité culturelle. De ses premiers pas dans la chorale familiale à ses performances sur des scènes nationales et internationales, il trace un parcours inspirant, marqué par l'audace du zouglou gospel et un engagement profond pour l'évangélisation. Dans cet entretien, il revient sur son cheminement, ses inspirations et ses ambitions pour l'avenir.
Lefaso.net : Qui est NIKRO à l'état civil ?
NIKRO : Avant tout, je tiens à remercier Lefaso TV pour cette opportunité. Que la grâce de l'Éternel continue de vous accompagner et d'étendre vos limites. NIKRO est un diminutif de Nikiéma Roland. À l'état civil, je me nomme Wendinyidé Roland Nikiéma.
Qu'est-ce qui a été le déclic pour passer de la chorale familiale à votre carrière musicale ?
Depuis mon enfance, j'ai grandi dans la chorale de l'église. À un moment donné, une prière spéciale a été organisée pour révéler les dons. C'est à cette occasion que mon don pour le chant a été confirmé. Progressivement, j'ai commencé à diriger la louange lors des cultes. Ce cheminement m'a conduit par la grâce de Dieu, à sortir mon premier maxi en 2020.
Justement, en 2020, vous sortez votre premier Maxi intitulé « J'ai un Père puissant ». Qu'est-ce qui a guidé ce choix ?
« J'ai un Père puissant » est l'un des titres phares du maxi. À travers cette chanson, je voulais mettre en lumière notre relation avec Dieu. Grâce à Jésus-Christ, nous avons le privilège d'appeler Dieu notre Père. Comme un enfant qui se confie à son père face à l'injustice, nous devons aussi, nous tourner vers Dieu notre Père céleste dans toutes les situations. Car Il est toujours à l'écoute.
Alors en 2022, Vous optez pour un style audacieux, le Zouglou gospel. Pourquoi avez-vous choisi spécifiquement ce style ?
J'avais à cœur d'apporter une touche nouvelle à la musique gospel. Il existait déjà plusieurs styles comme le warba ou le salou. En découvrant le parcours de chantres ivoiriens comme Richard Krémé et Nestor David, j'ai été profondément inspiré. J'ai alors étudié le zouglou, un style centré sur des messages forts. Avec l'accompagnement de mes pères spirituels, j'ai compris que ce style était idéal pour transmettre la parole de Dieu avec profondeur et impact.
Comment avez-vous réussi à marier le rap et les instruments traditionnels burkinabè dans l'album « Laisse Dieu faire » ?
Le rap est un style qui met l'accent sur les paroles, ce qui le rend compatible avec plusieurs genres musicaux. J'ai choisi de l'associer à des instruments traditionnels burkinabè afin d'apporter une identité locale forte à ma musique. C'est aussi une manière de valoriser notre patrimoine culturel.
2025 a été une année intense pour vous. Quel bilan tirez-vous ?
Nous avons lancé un projet ambitieux, 12 concerts en 12 mois, dans différentes villes et villages. L'objectif principal était l'évangélisation. À Tintilou par exemple, plus de 2000 personnes ont été touchées, et environ 65 ont donné leur vie à Christ. Nous avons également organisé des concerts à Boussé et Koubri pour soutenir des initiatives locales. L'année s'est achevée à Kouba avec un grand concert de prière pour la nation. Ce fut une année riche en témoignages et en manifestations de la grâce de Dieu.
Vous avez reçu plusieurs distinctions. Quelle est celle qui vous a le plus marqué ?
Toutes les distinctions me touchent profondément, parce que je considère avant tout ce que je fais comme un ministère, un service rendu à Dieu. Je ne poursuis pas les récompenses, mais plutôt l'impact spirituel, la transformation des vies et le salut des âmes. C'est pourquoi chaque reconnaissance reçue est pour moi une grâce supplémentaire, une manière pour Dieu d'encourager le travail accompli.
Cependant, la nomination au FMC d'Or, parmi les trois meilleurs chantres du Burkina Faso, a eu une résonance particulière dans mon cœur. Elle est venue comme une confirmation, non seulement du travail fourni, mais aussi de la direction que Dieu m'a inspirée de prendre. C'est un honneur, mais surtout une responsabilité encore plus grande à porter ce message avec sérieux, humilité et excellence.
Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude envers toutes les structures, les organisateurs et les acteurs du milieu gospel qui œuvrent, souvent dans l'ombre, pour valoriser cette musique. Leur engagement contribue à donner de la visibilité à notre mission et à encourager les artistes à persévérer. Que Dieu bénisse abondamment chacun d'eux.
Comment gardez-vous les pieds sur terre face à un tel succès en si peu de temps ?
Tout repose sur la grâce de Dieu. Quand on comprend que tout vient de Lui, on reste humble. Même les inspirations musicales viennent du Saint-Esprit. Ce sont des choses qu'on ne peut pas toujours expliquer, mais qui témoignent de sa présence.
Vous portez aujourd'hui un projet ambitieux, le VEENEM DOGO. De quoi s'agit-il ?
C'est un projet ambitieux qui consiste à construire une salle d'une capacité de 2000 places, entièrement dédiée aux activités gospel. Au-delà d'un simple espace, nous voulons créer un véritable cadre d'expression, de formation et de communion pour les acteurs du milieu : chantres, serviteurs de Dieu et amoureux de la musique chrétienne.
VEENEM DOGO se veut un lieu où pourront se tenir des concerts et bien d'autres activités spirituelles. C'est une vision qui veut offrir une plateforme digne pour porter le message de l'Évangile avec excellence. Ce projet est un rêve que nous portons depuis le début de notre carrière. Il est né d'un constat, le besoin d'infrastructures adaptées pour accompagner la croissance du mouvement gospel dans notre pays. Aujourd'hui encore, nous continuons de le confier à Dieu dans la prière, tout en avançant avec foi, convaincus qu'Il saura ouvrir les portes nécessaires et susciter les soutiens pour sa réalisation.
Votre dernier mot pour clore nos échanges ?
Je remercie Lefaso TV pour cette invitation. Que Dieu bénisse votre œuvre. Je voudrais également adresser une prière pour notre pays, le Burkina Faso. Que Dieu accorde la paix à notre nation, car c'est dans la paix que nous pouvons réaliser nos projets, bâtir et avancer. Je salue mes pères spirituels, mes parents, mon équipe et tous ceux qui me soutiennent. Que la grâce de l'Éternel soit votre partage.
Entretien réalisé par Hamed Nanéma et Alexandre Kouraogo
Lefaso.net
Guinée : Le commandant Aboubacar Diakité dit “Toumba” est décédé
La Direction nationale de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion a annoncé, dans un communiqué signé ce mercredi 25 mars 2026, le décès du commandant Aboubacar Diakité dit Toumba. Son décès est survenu dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 mars 2026.
Selon le communiqué, un rapport médical circonstancié, daté du 4 mars 2026 et établi par les professeurs Houssein Fofana, chirurgien, et Elhadj Yaya Baldé, cardiologue au Centre hospitalo-universitaire Ignace Deen, faisait état d'un tableau clinique préoccupant. L'intéressé présentait notamment une tuméfaction épigastrique, des douleurs abdominales persistantes, une constipation chronique ainsi que des troubles du sommeil. Ce constat avait été effectué en présence du procureur de la république près le Tribunal de première instance de Coyah et de son conseil, Maître Lancinet Sylla.
Dans la nuit du 23 mars 2026, à la suite d'un malaise survenu en milieu carcéral, le détenu a fait l'objet d'une évacuation sanitaire d'urgence vers l'hôpital militaire du camp Samory Touré. Il a été pris en charge par une équipe médicale spécialisée. Malgré les soins qui lui ont été administrés, son état de santé s'est progressivement dégradé. Le décès a été constaté le mercredi 25 mars 2026, à 04 heures 35 minutes, selon le communiqué.
Les médecins traitants ont conclu à un tableau clinique de hernie de la ligne blanche étranglée, compliquée d'une péritonite aiguë généralisée. La Direction nationale de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion précise qu'un rapport détaillé sera transmis aux autorités judiciaires compétentes, conformément aux exigences légales, afin de permettre toute suite appropriée.
En cette circonstance, elle a adressé ses condoléances à la famille du défunt, à ses proches ainsi qu'à l'ensemble de ses relations.
Lefaso.net
La Croix-Rouge burkinabè dresse le bilan d'une réponse humanitaire majeure face aux déplacements de populations
Réunis à Banfora ce jeudi 26 mars 2026, acteurs humanitaires, autorités administratives et partenaires techniques et financiers ont passé en revue les résultats d'une intervention d'urgence menée au profit des populations déplacées. Portée par la Croix-Rouge burkinabè avec l'appui de ses partenaires, cette action a permis de toucher des milliers de personnes vulnérables.
C'est dans un contexte national marqué par la persistance des défis humanitaires que s'est tenu à Banfora l'atelier bilan du DREF (Disaster Relief Emergency Fund, ou Fonds d'urgence pour les secours en cas de catastrophe) « Mouvements de populations ». Cette rencontre a constitué un cadre d'échanges, de redevabilité et de capitalisation des acquis autour des actions mises en œuvre dans les régions affectées.
Au cours des travaux, il est ressorti que 1 376 ménages, soit 8 895 personnes, ont bénéficié d'une assistance multisectorielle couvrant des domaines essentiels tels que la sécurité alimentaire, les abris, l'eau, l'hygiène et l'assainissement (WASH), la santé, la nutrition, ainsi que la protection et l'engagement communautaire.
Dans le détail, 1 176 ménages ont reçu une assistance alimentaire, tandis que 1 100 ménages ont été appuyés en abris et articles ménagers essentiels, avec la construction de 650 abris d'urgence et la distribution de kits adaptés. Parallèlement, des actions WASH ont permis d'améliorer les conditions d'hygiène et de prévenir les maladies hydriques au sein des communautés bénéficiaires.
Les interventions en santé et nutrition ont touché 7 584 personnes et ont inclus des activités de soutien psychosocial. Une attention particulière a également été portée à la protection, avec la distribution de kits de dignité à 1 100 femmes et jeunes filles, renforçant ainsi l'approche genre et inclusion. Au-delà des statistiques, les participants à l'atelier ont mis en lumière l'impact humain de cette intervention. Les témoignages recueillis sur le terrain illustrent des conditions de vie améliorées et une dignité restaurée pour de nombreuses familles.
Dans son allocution, le conseiller technique du gouverneur, Mamadou Traoré, a salué « une initiative importante d'échanges et d'analyse », soulignant que les actions menées « répondent à un besoin réel exprimé par les populations » et accompagnent les efforts du gouvernement. Le secrétaire général de la Croix-Rouge burkinabè, Lazare W. Zoungrana, a, pour sa part, insisté sur la portée humaine de l'intervention : « Au-delà des chiffres, il y a des vies soulagées, des familles soutenues et une dignité préservée. »
Mise en œuvre avec l'appui technique et financier de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et de la Croix-Rouge de Monaco, cette initiative a été présentée comme l'une des illustrations de la force de la solidarité humanitaire. À l'issue de cet atelier, les acteurs ont unanimement souligné la volonté d'inscrire davantage les interventions dans une dynamique de relèvement et de renforcement de la résilience, afin d'accompagner durablement les communautés affectées.
